JTTP 2026
Résultats du 27e Jeu de temps / Times Play
Artistes et soumissions | Évènements | Prix | Jury
De nouvelles pièces d’artistes électroacoustiques, jeunes ou émergent·e·s, du ou vivant au Canada sont à l’honneur dans le cadre de JTTP 2026, la 27e édition de Jeu de temps / Times Play coordonnée par la Communauté électroacoustique canadienne (CEC).
Jeu de temps / Times Play (JTTP) est un projet annuel qui vise à soutenir et encourager la création de nouvelles œuvres d’artistes électroacoustiques, jeunes ou émergent·e·s, du ou vivant au Canada. Un jury international diversifié évalue et sélectionne les œuvres lauréates des prix JTTP et des prix thématiques. Pour chaque édition du projet, plusieurs évènements sont coordonnés pour présenter les œuvres sélectionnées, y compris des diffusions radio des œuvres soumises et des performances des œuvres sélectionnées dans le cadre de concerts présentés par nos partenaires de projet canadiens et internationaux. Divers prix en argent et cadeaux sont remis aux créateurs des pièces les mieux classées et aux lauréat·e·s des prix thématiques. Les soumissions sont présentées dans les pages suivantes et sur Sonus, la sonothèque en ligne de la CEC pour les pratiques électroacoustiques et apparentées.
Lauréat·e·s des prix JTTP et des prix thématiques
C’est avec plaisir que la CEC dévoile les résultats du concours JTTP 2026. Joignez-vous à nous pour souligner le travail des artistes électroacoustiques dont les œuvres ont été sélectionnées par un jury international pour les prix JTTP 2026 et les prix thématiques. Vous pouvez voir et entendre leurs œuvres sur cette page en plus d’y lire les notices biographiques et notes de programme.
Prix JTTP 2026
- Alex Brisson — A a Ba A ɓA Bɐ (2026 / 8:00)
- Maurice-Gaston Du Berger — Noir de Mars (2026 / 8:40)
- Nicholas Ma — Assembly Line Apparitions (2025 / 6:30)
- [ex æquo] AC Riznar — filandre (Vidéo - 2025 / 7:00)
- [ex æquo] Hugo Menchi — Ourobors (2026 / 12:50)
Prix thématiques 2026
- Prix Hildegard-Westerkamp pour l’installation et le paysage sonores
Arash Famiilirani — Misophonia (2025 — 15:00) - Prix Micheline-Coulombe-Saint-Marcoux pour les artistes électroacoustiques auto‑identifié·es comme femmes ou personnes non binaires
Yilin Wang — Echo of Gamelan (2023 — 11:47) - Prix Jean-Piché pour la vidéomusique, les nouveaux médias et la programmation créative
AC Riznar — filandre (Vidéo — 2025 / 7:00) - Prix Martin-Gotfrit-Martin-Bartlett pour les pratiques électroacoustiques en direct
Alexandre Sasset-Blouin — Permutations (Vidéo — 2025 — 9:59) - Prix Barry-Truax pour les pratiques sonores environnementales ou écologiques
Alexandre Marchand, Rory Cogley — Flekete (2026 — 19:22) - Prix jef-chippewa pour les antécédents culturels autochtones
Cordell Collett — Limen (2026 — 3:47) - Prix Yves-Gigon pour l’œuvre électroacoustique la plus outrageusement insolite
Lauré Lussier — Strange Symphony (2024 — 38:00)
Notes de programmes et biographies
Alex BRISSON — A a Ba A ɓA Bɐ (8:00 / 2026)
Lauréat du 1er prix JTTP 2026
Cette pièce fut composée de matériaux sonores issus principalement de synthèse rétroactive (feedback), où le résultat de la synthèse intervient comme agent causal sur sa propre origine. Cette technique est particulièrement intéressante pour la génération d’objets sonores aux spectres riches. La pièce explore une écriture causale et franche, où les impulsions déclenchent des stases, des phrasés, des suspensions, des surprises.
Le concept de rétroaction est également présent dans la structure organisationnelle de la pièce. Au départ, les motifs semblent singuliers et éclectiques, mais rapidement deviennent récurrents, se répètent sous de nouvelles fonctions, annoncent une section future, reviennent transformés. Des sections précédentes sont réimprimées, fusionnées, pour créer des entités familières du passé, créant ainsi une mémoire interne de l’œuvre en constante variation. Ce type de rétroaction, affectant le début par la fin et la fin par le début, trouve sa finalité ambiguë par ce que nous semblons déjà avoir entendu.
Le titre fait allusion aux formes musicales traditionnelles employant des structures à répétition.
Alex Brisson est compositeur de musiques électroacoustiques sur support fixe et parfois de vidéomusique. Il détient un baccalauréat en musiques numériques de l’Université de Montréal, où il a étudié sous Martin Bédard et Nicolas Bernier, ainsi qu’avec Daniel Perez Hajdu lors d’un échange académique à Mons, en Belgique.
Dans sa pratique de composition, il est surtout préoccupé par l’abstraction et par la structure formelle de ses musiques. Son intérêt pour l’écriture du son sur support numérique s’explique par capacité infinie à être remodelée, transformée et réorganisée.
Les œuvres d’Alex ont été présentées en Belgique, au Canada, ainsi qu’en France.
Cordell COLLETT — Limen (3:47 / 2026)
Lauréat du prix jef-chippewa 2026 pour les antécédents culturels autochtones.
Limen explore la tension entre le monde que nous percevons et celui que nous négligeons. Bien qu’ancrée dans un langage harmonique lumineux, l’œuvre est assombrie par des textures qui suggèrent l’incertitude et la distance. La pièce reflète un état d’attention fixe, où la familiarité peut occulter la beauté subtile qui nous entoure. Des moments de clarté émergent puis se dissolvent, révélant un paysage à la fois réconfortant et troublant. Ainsi, Limen se situe à la frontière entre l’émerveillement et l’indifférence, invitant l’auditeur à passer de l’un à l’autre.
Cordell Collett est un compositeur électroacoustique et artiste sonore canadien basé en Alberta. Son travail explore le potentiel musical du son enregistré à travers l’enregistrement sur le terrain, la spatialisation et le traitement numérique du signal, créant ainsi des environnements sonores immersifs qui estompent les frontières entre documentation et composition. Actuellement en fin de licence de musique en arts audio numériques à l’université de Lethbridge, il aborde la musique électroacoustique comme un moyen d’explorer le lieu, la mémoire et l’écoute.
S’appuyant sur une formation en production musicale et en ingénierie du son, la pratique compositionnelle de Cordell allie précision technique et expérimentation. Ses œuvres intègrent des enregistrements sur le terrain, des réponses impulsionnelles personnalisées et une diffusion multicanal pour façonner des expériences d’écoute dynamiques, tandis que son expérience en production en studio et en conception sonore continue d’enrichir son expression artistique. Le travail électroacoustique de Collett reflète son intérêt pour la relation entre le son, l’espace et la perception, transformant des matériaux sonores du quotidien en formes musicales expressives.
Maurice-Gaston DU BERGER — Noir de Mars (8:40 / 2026)
Lauréat du 2e prix JTTP 2026
Quels drames peuvent bien se dérouler là où notre regard ne peut se poser? Dans l’obscurité de nos sens, un monde s’agite. Peut-on en percevoir quelque écho lointain?
Dirigée, dessinée, puis manipulée, transformée, c’est alors la matière sonore qui s’agite et prend forme à son tour, jusqu’à proposer des mondes qui ne se manifestaient jusque-là que par l’écho de leurs ondes.
En jouant sur le degré de transformation des sources sonores, toutes acoustiques, Noir de Mars propose un univers où se côtoient le réel et l’improbable: la vallée de l’étrange n’est jamais bien loin. Y aurait-il des oiseaux sur Mars?
Maurice-G. Du Berger est admis en 2004 au Collège Lionel-Groulx en piano classique où il étudie avec Dominique Morel. Il entreprend ensuite l’étude de la composition avec José Evangelista à l’Université de Montréal avant d’entamer une maîtrise sous la direction d’Ana Sokolović qu’il terminera en 2011. En plus d’être régulièrement boursier du CAC et du CALQ, M. Du Berger collabore souvent avec d’importants ensembles tels que le Studio de musique ancienne de Montréal et Les Voix humaines. Il est inscrit depuis l’automne 2024 en musique numérique à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Un fort intérêt pour le langage ainsi que la rhétorique dans un contexte musical animent l’univers et les œuvres du compositeur.
Arash FAMIILIRANI — Misophonia (15:00 / 2025)
Lauréat du prix Hildegard-Westerkamp 2026 pour l’installation et le paysage sonores.
Misophonia est une œuvre sonore entièrement construite à partir de l’espace entre deux sons analogiques produits par deux instruments acoustiques (le tar et le ney). Grâce à des processus d’étirement temporel extrême et de superposition, les interactions subtiles entre ces sons sont amplifiées pour former un champ sonore dense où la résonance, l’interférence et les micro-fluctuations deviennent la matière première.
La pièce se concentre sur des phénomènes sonores qui restent habituellement cachés au sein du son: les battements, les frictions harmoniques et les petites instabilités qui surgissent lorsque deux fréquences coexistent à proximité immédiate. En amplifiant ces micro-événements sur de longues durées, l’œuvre transforme un geste acoustique minimal en un environnement d’écoute immersif où la vibration devient presque tactile.
Le titre Misophonia — terme décrivant des réactions émotionnelles intenses face à des sons spécifiques — est ici utilisé de manière métaphorique. Plutôt que de faire référence à une aversion, il suggère une écoute exacerbée et l’intensité psychologique pouvant naître d’une attention soutenue portée à de subtils détails sonores.
Présentée dans un contexte d’écoute concentrée, l’œuvre invite le public à pénétrer dans un espace auditif lent et intime. En réduisant le matériau à un simple intervalle, Misophonia révèle comment un son minimal peut se déployer au fil du temps en textures complexes et en expériences perceptives.
Arash Famiilirani est un artiste audiovisuel, compositeur, artiste sonore et guitariste basé à Montréal dont le travail explore des matériaux sonores minimalistes, transformant des micro-événements en expériences auditives immersives grâce à des superpositions structurées et à la manipulation spectrale. Il est titulaire d’une licence en études électroacoustiques de l’université Concordia; sa pratique s’appuie sur la création de paysages sonores acousmatiques et sur sa passion pour la transformation du son en nouvelles textures et sensations. Son œuvre couvre de multiples genres et styles, explorant de nouvelles palettes sonores et la relation entre les sources concrètes et électroniques.
Lauré LUSSIER — Strange Symphony (38:00 / 2024)
Lauréat du prix Yves-Gigon 2026 pour l’œuvre électroacoustique la plus outrageusement insolite.
Strange Symphony est le premier des trois actes de The Triptych Symphony, un récit en trois actes dans lequel le Compositeur, dans la hâte et la lâcheté, abandonne ses créations.
Elle est la première à émerger de cet lâcheté; une œuvre abandonnée par son propre compositeur avant même d’atteindre la scène. Œuvre illégitime, «Chanson Bâtarde», elle est accueillie avec un mélange de mépris et de dérision avant même sa première audition publique.
La musique ne commence pas au moment où l’on appuie sur «play». Elle donne plutôt l’impression d’être déjà là, comme un espace dans lequel on entre. Très vite, l’auditeur n’est plus face à une œuvre, mais happé dans un univers.
Cette œuvre s’inscrit dans une démarche que je désigne sous le nom de Systema, dans laquelle des textures autonomes coexistent et interagissent au sein d’un espace musical partagé. Chacune suit sa propre trajectoire à l’intérieur d’une forme préétablie, tandis que leurs interactions façonnent la dynamique interne et l’expérience perceptive de l’œuvre.
Lauré Lussier est un compositeur québécois dont la démarche se situe à la rencontre de l’écriture électroacoustique et de l’écriture orchestrale. Titulaire de deux baccalauréats en musique de l’Université McGill et de l’Université de Montréal, il a façonné un langage où les timbres acoustiques et électroniques fusionnent au sein de vastes formes narratives. Il compose à partir d’idées qu’il incarne ensuite en sons. La transformation de la matière sonore devient alors le moteur du récit. Ses œuvres peuvent être découvertes séparément, mais elles s’inscrivent toutes dans un même univers, où les idées, les récits et la matière sonore se prolongent d’une création à l’autre. Artiste signé chez Adventurous Music (Leipzig, Allemagne), il a publié 11 albums. Ses œuvres sont diffusées sur les ondes et plateformes radiophoniques d’Europe et d’Amérique du Nord et saluées par des publications telles que The Wire, Electronic Sound, Tunite Music et SilenceAndSound.
Nicholas MA — Assembly Line Apparitions (6:30 / 2025)
Lauréat du 3er prix JTTP 2026
Assembly Line Apparitions est une œuvre électroacoustique entièrement composée d’enregistrements d’un violoncelle solo. Tout le matériau a été capté lors d’une session avec un violoncelliste, puis monté, traité et arrangé en une piste audio fixe. Le titre fait référence à la fois au groove mécanique qui anime la pièce et à la transformation progressive des enregistrements acoustiques en matériel électronique. À l’instar d’une chaîne de montage, la pièce a été construite par étapes, de l’interprétation au montage en passant par la reconstruction, le fantôme de l’interprète demeurant inscrit dans le produit final.
Sur le plan structurel, la pièce évoque un quart de nuit dans une usine. Elle oscille entre des motifs rythmiques en boucle serrée et des textures plus abstraites. Dans la section centrale, le groove se dissout en sons prolongés, spectraux et métalliques, avant de revenir sous une forme plus dense et plus déformée.
Dans l’ensemble, bien qu’entièrement électronique, chaque son provient du violoncelle. La pièce explore la manière dont un matériau acoustique peut être remodelé par des processus électroniques tout en conservant les traces de sa source.
Nicholas Ma est un pianiste et compositeur dont la musique explore le dialogue entre la vitalité rythmique, la fantaisie ludique et la rigueur contemplative. Il a reçu quatre prix de la Fondation SOCAN pour jeunes compositeurs, le prix du concours de composition pour duo de piano Luba Zuk de l’Université McGill, des commandes de l’Esprit Orchestra et de la Coalition pour l’éducation musicale au Canada, des bourses de recherche du SSHRC et du FRQ, ainsi que des postes de compositeur en résidence auprès des Schulich Singers, du département de musique de chambre et du quatuor de saxophones de l’Université McGill. Nicholas est titulaire d’une licence de l’université McGill, où il a suivi un double cursus en interprétation pianistique et en composition, avec une mineure en théorie musicale. Parmi ses principaux professeurs figurent Marina Mdivani pour le piano, ainsi qu’Eliot Britton, Melissa Hui, Jean Lesage et Chris Paul Harman pour la composition. Il poursuit actuellement un master en composition à McGill grâce à une bourse d’études complète.
Alexandre MARCHAND, Rory COGLEY — Flekete (19:22 / 2026)
Lauréats du prix Barry-Truax 2026 pour les pratiques sonores environnementales ou écologiques.
«Flekete: fais-lé avec kessé t’as». Une expression inventée par Steiff, un véritable phare de tout un milieu alternatif au Québec et en Europe. Steiff décéda en novembre 2025, laissant une odeur de sueur et de bière dans le cœur de nombreuses personnes, mais surtout une force d’aimer et une sensibilité à la beauté des choses. Il introduit la forge dans la vie de nombreuses personnes autour de moi, dont un ami proche qui en fait aujourd’hui une carrière et une vie créative. Cette pièce est un hommage à Steiff et celles et ceux qu’il habite; c’est une berceuse faite de métal dans laquelle encapsuler le vivant qu’il nous lègue dans son décès.
Alex Marchand est un compositeur et musicien. Issu de Montréal, il pratique la contrebasse depuis 2014 et la basse depuis l’adolescence, de façon autodidacte, dans diverses formations, toujours curieux de réviser sa relation au son et à la musique, auscultant les confins de sa créativité. En 2022 il crée l’ensemble O:DOOZ, un groupe multidisciplinaire mariant danse, arts visuels numériques et musique mixte qui lui ouvre des horizons créatifs, et l’inspire dans le domaine de la musique numérique. En 2024, Alex se joint au groupe Ensemble de Feedback Libre, dans lequel il se voit immergé dans la pratique de musique noise, où il approfondit son désir de créer et d’apprendre dans le domaine des arts sonores contemporains. En 2025 il entreprend son baccalauréat en électroacoustique à Concordia, dédiant de plus en plus de sa pratique à la musique expérimentale et électroacoustique.
Rory Cogley est un jeune artiste sonore ambitieux, passionné par la collaboration et dont l'intérêt pour toutes les formes d'expression sonore ne cesse de s'étendre. Sa pratique actuelle explore sa passion pour les métallophones (cymbales, cloches, outils et équipements divers) ainsi que son intérêt pour l'échantillonnage et la manipulation de la poésie orale.
Hugo MENCHI — Ourobors (12:50 / 2026)
Lauréat du 4er prix [ex æquo] JTTP 2026
Cette œuvre propose une plongée au cœur d’un territoire intérieur où les frontières entre conscience, mémoire et imaginaire deviennent poreuses.
Les premiers souffles, semblables à des inspirations et expirations, agissent comme un passage entre le monde tangible et les espaces cachés de l’esprit. Peu à peu, l’auditeur est entraîné vers des profondeurs où le temps semble se dilater et où les repères familiers se transforment.
Les formes toniques qui traversent la pièce évoquent les étapes d’un voyage initiatique. Elles accompagnent la rencontre avec des zones enfouies de notre être, là où émergent des souvenirs fragmentés, des sensations anciennes et des traces persistantes qui participent à la construction de notre identité.
Au fil du parcours, des remontées à la surface offrent de brefs instants de clarté, comme une bouffée d’air avant une nouvelle immersion. Mais les profondeurs rappellent inlassablement le voyageur, l’invitant à poursuivre son exploration vers des espaces toujours plus intimes et insaisissables.
Comme le serpent qui se mord la queue, symbole de l’Ouroboros, la fin rejoint le commencement. Les souvenirs, les perceptions du présent et les révélations surgies du subconscient se mêlent alors dans un même mouvement circulaire. Ce qui a été vécu demeure, transformé.
Jusqu’où êtes-vous prêt à vous aventurer dans les confins de votre propre pensée?
Les résonances humaines et sonores qu’il porte, et qui lui sont chères, se font ressentir lors de chaque prestation, en souvenir de ces instants truculents.
Des sons aux couleurs percussives, des rythmes à la fois énergiques et chargés de sensibilité: c’est ce que propose l’univers de Hugo.
Fort d’une formation en électroacoustique et d’un intérêt marqué pour les enregistrements sur le terrain, ce dernier combine le tout dans un voyage original.
Sa curiosité et son goût pour la découverte de nouvelles ambiances lui ont permis d’étendre son expérience sur de nombreuses scènes en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord.
Il a aussi cofondé et mis en place la plateforme Insideout en mars 2020. Durant la pandémie, il était primordial pour lui de poursuivre ses recherches dans cette idée d’échange et d’ateliers, où des artistes de partout sur la planète pourraient, comme lui, rester connectés et partager cette passion qu’est la création musicale.
Dans cette continuité, il a cofondé le label SOAME Records avec Oxyde B, dans le but de livrer des voyages sonores et un lâcher-prise, tout en éveillant nos sens de l’écoute.
Voyageant entre performance en direct, composition immersive et spatialisée, Hugo Menchi aborde la musique comme un vaste laboratoire de recherche et d’évasion.
Il approfondit actuellement sa pratique au Conservatoire de musique et d’art dramatique de Montréal, dans la section électroacoustique, auprès de Martin Bédard et Louis Dufort.
AC RIZNAR — filandre (Vidéo — 7:00 / 2025)
Lauréat du 4er prix [ex æquo] JTTP 2026 et lauréat du prix Jean-Piché 2026 pour la vidéomusique, les nouveaux médias et la programmation créative.
n.f.
1. 1.
Fibre longue et coriace (des viandes, légumes).
2. 2.
Fil d’araignée qui vole dans l’air (fil de la Vierge).
qui ne veut pas quitter la matière
qui se fond dans l’altérité
qui se cache en soi,
coriace et agile
fragile et volatile
AC Riznar est un·e musicien·ne, compositeur·ice et artiste visuel basé à Montréal, ainsi qu’auteur·e-compositeur·e-interprète. Intéressé·e par les textures, la superposition onirique d’images et de récits, impliquant des prises de vues/sons mises en boucles, iel est attiré·e par le sentiment que quelque chose cloche, tout en embrassant un processus créatif intuitif proche de l’écriture automatique. Leur pratique est aussi bien ancrée dans les processus de temps réel incluant la performance, le mouvement et la projection que la composition pour supports fixes. Iel étudie présentement en composition et création sonore au département de musiques numériques de l’Université de Montréal.
Alexandre SASSET-BLOUIN — Permutations (Vidéo — 9:59 / 2025)
Lauréat du prix Martin-Gotfrit-Martin-Bartlett 2026 pour les pratiques électroacoustiques en direct.
Permutations est une œuvre pour quintette de consoles sans-entrée (No-Input Mixing Boards), explorant une esthétique de feedback, de noise et d’instabilité contrôlée. Basée sur des trajectoires énergétiques répétées et continuellement transformées, la pièce repose sur l’échange progressif des mouvements entre les interprètes, générant de nouvelles permutations à chaque section. Bien que structurée par une partition graphique et des séquences écrites, l’œuvre conserve le caractère imprévisible propre aux systèmes électroniques chaotiques, faisant de chaque interprétation une variation unique.
Alexandre Sasset-Blouin est compositeur et artiste sonore de Tiohtià:ke (Montréal). Ses œuvres et installations s’intéressent aux sons acoustiques et synthétiques transformés par la transduction, l’amplification et la rétroaction. Il utilise des synthétiseurs modulaires, ainsi que des dispositifs artisanaux qui combinent technologies analogiques et numériques et matériaux recyclés, afin d’explorer les transitions entre les domaines physique, électronique et numérique. En tant que compositeur et interprète, il façonne des sonorités abrasives, bruitistes et distordues pour leur donner des formes composées et structurées, souvent créées dans le cadre de performances collaboratives. Actuellement étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal sous la direction de Nicolas Bernier, ses recherches portent sur de nouvelles approches de la notation en musique électronique et mixte. Ses travaux sont soutenus par une bourse du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Yilin WANG — Echo of Gamelan (11:47 / 2023)
Lauréate du prix Micheline-Coulombe-Saint-Marcoux 2026 pour les artistes électroacoustiques auto‑identifiés comme femmes ou personnes non binaires.
Echo of Gamelan est une œuvre électroacoustique spatiale créée à partir d’improvisations de gamelan, d’enregistrements de terrain et de traitements ambisoniques dans Max/MSP. La pièce explore la relation entre une source instrumentale localisée et un environnement acoustique artificiel élargi, où le son original du gamelan et ses reflets spatiaux traités coexistent, se séparent et se fondent dans le champ d’écoute.
L’œuvre a été développée à l’aide d’un patch ambisonique personnalisé conçu pour le traitement en temps réel, la spatialisation, l’encodage et le décodage. Des improvisations de gamelan ont été enregistrées, spatialisées puis réenregistrées dans un environnement de haut-parleurs surround, tandis que des enregistrements d’eau et d’oiseaux ajoutent une couche environnementale.
Plutôt que de suivre un processus fondé sur une partition traditionnelle, la pièce organise des matériaux sonores enregistrés et transformés en une forme spatiale mouvante, entre environnement acoustique réel et espace sonore imaginaire.
Yilin Wang est une pianiste, compositrice et artiste multimédia dont la pratique créative s’appuie sur plus d’une décennie d’expérience professionnelle dans la production sonore. Avant de se consacrer à la composition, elle a occupé le poste d’ingénieure du son senior à la chaîne de radio et de télévision du Hunan, en Chine, où elle a acquis une vaste expérience dans l’enregistrement, la conception sonore, la diffusion musicale en direct et la production audio immersive.
Son travail couvre la composition contemporaine, la musique électroacoustique, l’audio spatial et la pratique audiovisuelle, combinant souvent des instruments acoustiques, des sons traités, des supports fixes, de l’électronique en direct et des systèmes visuels génératifs. Ses œuvres ont été présentées dans le cadre de l’Arraymusic Composer Workshop, du LunART Festival Composers Hub, du Tuckamore Festival, du CompoCon avec Standing Wave, du programme «City to City PLAY!» de l’UNESCO et de l’American Wild Ensemble. Wang est titulaire d’un master en technologies musicales de l’université de York et d’un master en composition avec une spécialisation en cognition musicale de l’université Western. Elle prépare actuellement un doctorat en composition à l’université du Missouri à Kansas City.
Jury
Le jury international de cette année était formé de 5 personnes issues de milieux artistiques et champs d’intérêt variés.
Gilles Gobeil (Montréal, QC)
Dorothy E. Hindman (Miami, USA)
Etienne Mason (Brooklyn, USA)
Rick Nance (Leicester, UK)
Pauline Patie (Montréal, QC)

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