[Jeu de temps / Times Play 2026]
Participants et soumissions
27e Jeu de temps / Times Play
Résultats | Artistes et soumissions | Évènements | Prix | Jury
Au total, 42 œuvres ont été soumises à JTTP 2026. Vous pouvez lire ici les notes de programmes et les biographies des artistes pour toutes les soumissions ou simplement prendre un moment pour écouter les pièces — acousmatiques, vidéomusique et plus encore!
Artistes
Charles BAILLARGEON
Luke BLACKMORE
Ricardo BOULLOSA
Nicolas BOURGEOIS
Alex BRISSON
Melike CEYLAN
Cordell COLLETT
Piper CURTIS
Julie DELISLE
Maurice-Gaston DU BERGER
Graeme DYCK
Arash FAMIILIRANI
Owen GRUNAU
Nolan HILDEBRAND
Mehrdad JAFARI RAAD
Artur KIVILAHT
Hubert LAMARRE
Keon Ju Maverick LEE
Leon LOUDER
Lauré LUSSIER
Nicholas MA
Alexandre MARCHAND, Rory COGLEY
Hugo MENCHI
Mikaël MOLLIEX
Marco NERI
Heather NICOL
Timo PEHKONEN
Renée QIN
Omar REYNA
AC RIZNAR
Eliot ROBY
Alexandre SASSET-BLOUIN
Michele SELVAGGI
Ashley SEWARD
Edith SKEARD
Samuel SOARES
Findlay SONTAG
Simon ST-JULES-AILLAUD
Aurélie THÉROUX SÉNÉCAL
Matthew Carl TODD
Yilin WANG
Soumissions
Elisabete ALMEIDA — Vida (19:32 / 2026)
Cette composition a été créée pour une pièce de danse-théâtre.
elisabete, connue sous le nom de scène Mona Mojo, est une artiste multidisciplinaire qui allie chant jazz avant-gardiste, improvisation, danse contemporaine et acrobaties circassiennes. Son travail explore la voix en tant qu’instrument physique et émotionnel, mêlant souvent l’improvisation vocale spontanée au mouvement et à l’expression théâtrale. Sa pratique artistique intègre la formation vocale jazz, la performance expérimentale et le théâtre physique, donnant naissance à des spectacles immersifs qui fusionnent son, mouvement et improvisation.
Charles BAILLARGEON — Broke the Floor (9:16 / 2025)
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Luke BLACKMORE — Le Flûteur (8:19 / 2026)
Le Flûteur est une réflexion sur l’automatisation, l’interaction entre la machine et l’humain, et la dichotomie entre la performance en direct et le matériel musical enregistré. L’œuvre s’inspire de la sculpture du même nom présentée pour la première fois en 1738 par l’inventeur français Jacques Vaucanson. Cette sculpture consistait en un automate, ou androïde, commandé par une série de mécanismes cachés dans la grande plate-forme sur laquelle il était assis. À l’aide d’une flûte réelle contrôlée par l’automate, Le Flûteur pouvait jouer douze mélodies différentes en soufflant de l’air à travers des lèvres artificielles, en articulant grâce à une langue contrôlée par des soupapes et en couvrant les trous de la flûte avec des doigts mécaniques recouverts de peau humaine.
Ma composition utilise exclusivement des échantillons de flûte préenregistrés qui sont déformés électroniquement pour ressembler au paysage sonore des machines préindustrielles, telles que celles qui actionnaient Le Flûteur.
Luke Blackmore est un compositeur, saxophoniste et improvisateur de St. John’s, Terre-Neuve. Il est un étudiant de composition avec un mineur en Jazz à l’Université Memorial à St. John’s. Son portefeuille de composition contient un grand éventail des pièces acoustiques, électroniques et acousmatiques, ceux qui utilisent une variété de sources, de sons trouvés ou synthétisés, et plus live electronics. Il a écrit pour l’International Institute for Critical Studies in Improvisation, le festival Newfound, et autres.
Ricardo BOULLOSA — The Underground CIty (6:14 / 2026)
La Ville souterraine [2026] est une création sonore inspirée du métro et du REM (Réseau Express Métropolitain) de Montréal. Cette œuvre musicale réinvente les espaces de transit ordinaires en un écosystème hostile, étrange et mécanique. Le souterrain n’est pas seulement une infrastructure, mais un espace social partagé, façonné par les liens et les inégalités humaines.
Cette pièce a été composée durant l’hiver 2026 dans le cadre du séminaire octophonique de Barry Truax. Ce séminaire a été suivi à l’Université Concordia et validé comme étude indépendante.
Nicolas BOURGEOIS — Rompre l'espace, corps fugace (Vidéo — 19:51 / 2025)
Rompre l’espace, corps fugace est une performance électroacoustique assistée par un modèle de reconnaissance gestuelle. Des gants interactifs conçus par Nic Bourgeois capturent les mouvements de l’artiste et les traduisent en une composition sonore en temps réel, générant simultanément des impulsions lumineuses qui révèlent momentanément les mouvements de l’interprète. À la croisée de l’art sonore, de la performance et de la programmation créative, cette œuvre explore avec prudence les nouveaux paradigmes de la création assistée par l’IA afin d’amplifier la présence du corps queer sur scène. S’appuyant sur la sensibilité du geste, le système audiovisuel cherche à transcender la valeur tangible du corps, à contourner ses limites physiques et à en révéler une interprétation fluide. À cet égard, les gants sont sensibles à différentes dimensions du mouvement, qui sont ensuite transmises au système de reconnaissance gestuelle qui analyse la performance de Nic et en rend l’interprétation sous forme de sons et de lumières immersifs. La musique est expérimentale, oscillant entre textures granuleuses, couches synthétiques et pulsations fragmentées, créant un paysage sonore en constante évolution. Rompre l’espace, corps fugace est une exploration du potentiel musical du mouvement chorégraphique et de la relation entre le corps et la machine: un espace où la composition musicale s’incarne et où de nouvelles formes de présence émergent.
Rompre l’espace, corps fugace a été présenté dans le cadre de la série Ultrasons (Université de Montréal), du Compagnonnage IA (Cœur des sciences de l’UQAM, mars 2025), Bric-à-brac X (Casa Obscura, février 2026) et Cabaret Neige (Centre d’art Jacques & Michel Auger, mars 2026). L’œuvre a été développée lors d’une résidence au CMMAS (Morelia, MX) en août 2025, avec le soutien financier d’Arrimage (Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine), de La Fabrique culturelle, de LOJIQ et du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).
Artiste électroacoustique avec une pratique tournée vers les arts vivants, Nicolas Bourgeois tâche de faire valoir son expérience de différentes réalités queers à travers des performances qui actualisent la relation entre le geste et les paysages audiovisuels proposés. Déployant le corps comme objet principal de création, iel réfléchit aux façons dont celui-ci est en mesure de se transformer et d’interagir avec l’environnement. Son processus créatif, situé à l’intersection de l’expérimentation sonore et de la danse contemporaine, donne naissance à des œuvres à la fois déviantes et intimes par l’utilisation de capteurs intégrés à des systèmes d’algorithmie musicale. Originaire des Îles-de-la-Madeleine (QC), Nicolas poursuit actuellement un baccalauréat en Musiques numériques à l’Université de Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang) depuis 2022.
Alex BRISSON — A a Ba A ɓA Bɐ (8:00 / 2026)
Cette pièce fut composée de matériaux sonores issus principalement de synthèse rétroactive (feedback), où le résultat de la synthèse intervient comme agent causal sur sa propre origine. Cette technique est particulièrement intéressante pour la génération d’objets sonores aux spectres riches. La pièce explore une écriture causale et franche, où les impulsions déclenchent des stases, des phrasés, des suspensions, des surprises.
Le concept de rétroaction est également présent dans la structure organisationnelle de la pièce. Au départ, les motifs semblent singuliers et éclectiques, mais rapidement deviennent récurrents, se répètent sous de nouvelles fonctions, annoncent une section future, reviennent transformés. Des sections précédentes sont réimprimées, fusionnées, pour créer des entités familières du passé, créant ainsi une mémoire interne de l’œuvre en constante variation. Ce type de rétroaction, affectant le début par la fin et la fin par le début, trouve sa finalité ambiguë par ce que nous semblons déjà avoir entendu.
Le titre fait allusion aux formes musicales traditionnelles employant des structures à répétition.
Alex Brisson est compositeur de musiques électroacoustiques sur support fixe et parfois de vidéomusique. Il détient un baccalauréat en musiques numériques de l’Université de Montréal, où il a étudié sous Martin Bédard et Nicolas Bernier, ainsi qu’avec Daniel Perez Hajdu lors d’un échange académique à Mons, en Belgique.
Dans sa pratique de composition, il est surtout préoccupé par l’abstraction et par la structure formelle de ses musiques. Son intérêt pour l’écriture du son sur support numérique s’explique par capacité infinie à être remodelée, transformée et réorganisée.
Les œuvres d’Alex ont été présentées en Belgique, au Canada, ainsi qu’en France.
Melike CEYLAN — Voice Station I (12:00 / 2021)
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Cordell COLLETT — Limen (3:47 / 2026)
Limen explore la tension entre le monde que nous percevons et celui que nous négligeons. Bien qu’ancrée dans un langage harmonique lumineux, l’œuvre est assombrie par des textures qui suggèrent l’incertitude et la distance. La pièce reflète un état d’attention fixe, où la familiarité peut occulter la beauté subtile qui nous entoure. Des moments de clarté émergent puis se dissolvent, révélant un paysage à la fois réconfortant et troublant. Ainsi, Limen se situe à la frontière entre l’émerveillement et l’indifférence, invitant l’auditeur à passer de l’un à l’autre.
Cordell Collett est un compositeur électroacoustique et artiste sonore canadien basé en Alberta. Son travail explore le potentiel musical du son enregistré à travers l’enregistrement sur le terrain, la spatialisation et le traitement numérique du signal, créant ainsi des environnements sonores immersifs qui estompent les frontières entre documentation et composition. Actuellement en fin de licence de musique en arts audio numériques à l’université de Lethbridge, il aborde la musique électroacoustique comme un moyen d’explorer le lieu, la mémoire et l’écoute.
S’appuyant sur une formation en production musicale et en ingénierie du son, la pratique compositionnelle de Cordell allie précision technique et expérimentation. Ses œuvres intègrent des enregistrements sur le terrain, des réponses impulsionnelles personnalisées et une diffusion multicanal pour façonner des expériences d’écoute dynamiques, tandis que son expérience en production en studio et en conception sonore continue d’enrichir son expression artistique. Le travail électroacoustique de Collett reflète son intérêt pour la relation entre le son, l’espace et la perception, transformant des matériaux sonores du quotidien en formes musicales expressives.
Piper CURTIS — la maladie (14:28 / 2026)
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Julie DELISLE — Contrepoint thermodynamique (8:56 / 2026)
Inéluctablement, l’Univers prend de l’expansion et cherche à évacuer la chaleur qui l’habite. Par conséquent, il ne cesse d’augmenter son entropie. Cela se produit à travers la constitution d’organisations complexes: molécules, matériaux, êtres vivants, collectivités, dont le but est principalement la dissipation de l’énergie, ce qui serait beaucoup plus difficile, voire impossible sans elles. Ce Contrepoint thermodynamique est une exploration des frictions, des réactions et des explosions qui en résultent, autant à grande échelle que dans l’infiniment petit. Il expose différents types de matières: veloutées, rugueuses, métalliques, acides, vaporeuses et les fait entrer en dialogue à travers des temporalités de plus en plus rapides, jusqu’à la mise en place de la fugue matériologique qui conclut la pièce.
Julie Delisle est compositrice, chercheure multidisciplinaire spécialisée en technologies audio et flûtiste. Diplômée de la Hochschule für Musik Freiburg et du Conservatoire de musique de Montréal, titulaire d’un doctorat en musicologie (PhD) de l’Université de Montréal et ex-stagiaire postdoctorale au Music Perception et Cognition Laboratory (Université McGill). Sa musique est teintée par ses recherches sur le timbre instrumental et son intérêt pour le sound design, les arts martiaux chinois et les mathématiques.
Maurice-Gaston DU BERGER — Noir de Mars (8:40 / 2026)
Quels drames peuvent bien se dérouler là où notre regard ne peut se poser? Dans l’obscurité de nos sens, un monde s’agite. Peut-on en percevoir quelque écho lointain?
Dirigée, dessinée, puis manipulée, transformée, c’est alors la matière sonore qui s’agite et prend forme à son tour, jusqu’à proposer des mondes qui ne se manifestaient jusque-là que par l’écho de leurs ondes.
En jouant sur le degré de transformation des sources sonores, toutes acoustiques, Noir de Mars propose un univers où se côtoient le réel et l’improbable: la vallée de l’étrange n’est jamais bien loin. Y aurait-il des oiseaux sur Mars?
Maurice-G. Du Berger est admis en 2004 au Collège Lionel-Groulx en piano classique où il étudie avec Dominique Morel. Il entreprend ensuite l’étude de la composition avec José Evangelista à l’Université de Montréal avant d’entamer une maîtrise sous la direction d’Ana Sokolović qu’il terminera en 2011. En plus d’être régulièrement boursier du CAC et du CALQ, M. Du Berger collabore souvent avec d’importants ensembles tels que le Studio de musique ancienne de Montréal et Les Voix humaines. Il est inscrit depuis l’automne 2024 en musique numérique à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Un fort intérêt pour le langage ainsi que la rhétorique dans un contexte musical animent l’univers et les œuvres du compositeur.
Graeme DYCK — lullaby for a marsh (10:08 / 2026)
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Arash FAMIILIRANI — Misophonia (15:00 / 2025)
Misophonia est une œuvre sonore entièrement construite à partir de l’espace entre deux sons analogiques produits par deux instruments acoustiques (le tar et le ney). Grâce à des processus d’étirement temporel extrême et de superposition, les interactions subtiles entre ces sons sont amplifiées pour former un champ sonore dense où la résonance, l’interférence et les micro-fluctuations deviennent la matière première.
La pièce se concentre sur des phénomènes sonores qui restent habituellement cachés au sein du son: les battements, les frictions harmoniques et les petites instabilités qui surgissent lorsque deux fréquences coexistent à proximité immédiate. En amplifiant ces micro-événements sur de longues durées, l’œuvre transforme un geste acoustique minimal en un environnement d’écoute immersif où la vibration devient presque tactile.
Le titre Misophonia — terme décrivant des réactions émotionnelles intenses face à des sons spécifiques — est ici utilisé de manière métaphorique. Plutôt que de faire référence à une aversion, il suggère une écoute exacerbée et l’intensité psychologique pouvant naître d’une attention soutenue portée à de subtils détails sonores.
Présentée dans un contexte d’écoute concentrée, l’œuvre invite le public à pénétrer dans un espace auditif lent et intime. En réduisant le matériau à un simple intervalle, Misophonia révèle comment un son minimal peut se déployer au fil du temps en textures complexes et en expériences perceptives.
Arash Famiilirani est un artiste audiovisuel, compositeur, artiste sonore et guitariste basé à Montréal dont le travail explore des matériaux sonores minimalistes, transformant des micro-événements en expériences auditives immersives grâce à des superpositions structurées et à la manipulation spectrale. Il est titulaire d’une licence en études électroacoustiques de l’université Concordia; sa pratique s’appuie sur la création de paysages sonores acousmatiques et sur sa passion pour la transformation du son en nouvelles textures et sensations. Son œuvre couvre de multiples genres et styles, explorant de nouvelles palettes sonores et la relation entre les sources concrètes et électroniques.
Owen GRUNAU — Via Hardness (11:20 / 2026)
Nolan HILDEBRAND — Amygdala Hijacker (13:06 / 2026)
Amygdala Hijacker est une œuvre de musique post-acousmatique composée pour l’ambisonie du 5e ordre lors d’une résidence au Laboratoire de recherche sur la spatialisation et l’interaction (SPIRAL) de l’Université de Huddersfield. Cette composition est une expérience musicale explorant le réflexe de sursaut acoustique (RSA) et le conditionnement pavlovien.
Chez les animaux, y compris les humains, le réflexe de sursaut est une réaction défensive largement inconsciente à des stimuli soudains ou menaçants, tels que des bruits forts ou des mouvements brusques, et est généralement associé à une émotion négative. J’ai été inspiré par un article scientifique dans lequel des chercheurs examinent les effets du RSA chez le rat. Des salves de bruit blanc à volume élevé ont été utilisées pour étudier comment le RSA peut être atténué par l’habituation et la répétition, et amplifié par le conditionnement de la peur. Dans ces expériences, des stimuli neutres étaient associés de manière répétée au stimulus inconditionnel déclenchant le RSA.
L’idée de conditionnement m’a rappelé la célèbre expérience du chien de Pavlov. Le physiologiste russe Ivan Pavlov a démontré qu’une réponse biologique inconsciente et automatique pouvait être déclenchée par un stimulus environnemental initialement neutre, grâce à une association répétée.
Le titre de l’œuvre fait référence à ces expériences de conditionnement et à la volonté de la musique de solliciter le “cerveau reptilien” de l’auditeur, en exploitant les réponses biologiques automatiques et les attentes conditionnées.
Nolan Hildebrand est un compositeur et artiste noise basé à Toronto. La musique de Nolan explore les extrémités conceptuelles et physiques pour créer une musique intense et engageante. Sa production musicale comprend des partitions graphiques, des ensembles classiques, de la musique électroacoustique, de la musique acousmatique et des performances dans un projet expérimental solo noise baptisé BLACK GALAXIE. La musique de Nolan a été jouée à travers le monde, notamment Darmstädter Ferienkurse, International Computer Music Conference (ICMC), Forum Wallis et Bang on a Can LOUD Weekend. Il a eu l’occasion de travailler avec l’Orchestre symphonique de Winnipeg, l’ECM+ Ensemble, le XelmYa Ensemble, Jonny Axelsson et Nick Photinos. Nolan a complété son BMus en composition avec Gordon Fitzell et Örjan Sandred à l’Université du Manitoba et une maîtrise en musique en composition sous la supervision de Eliot Britton à l’Université de Toronto, où il poursuit actuellement un DMA avec une spécialisation en notation graphique et en musique électroacoustique sous la direction de Kotoka Suzuki et Eliot Britton.
Mehrdad JAFARI RAAD — Orpheus at the Basement (6:30 / 2025)
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Artur KIVILAHT — Four Sections for a Fender in Disrepair (4:50 / 2026)
Construite à partir d’échantillons d’un amplificateur Fender Deluxe Reverb en mauvais état, avec de brèves apparitions de chants d’oiseaux, de voix et d’eau courante, cette pièce utilise le bourdonnement, le souffle et les bruits de l’amplificateur comme éléments constitutifs. Plutôt que de considérer l’instabilité de l’amplificateur comme une interférence, elle la laisse façonner la forme de l’œuvre. À travers quatre sections liées, la musique passe de la distance à la pression, puis à un espace plus doux de flou et de distorsion, avant d’aboutir à une libération plus directe et plus énergique. Tout au long de la pièce, l’amplificateur est entendu non seulement comme une source de son, mais aussi comme un objet usé et familier, porteur de traces d’âge, d’usage et de mémoire.
Artur Kivilaht est un compositeur et guitariste dont le travail se situe au croisement de la composition et de l’interprétation. Sa pratique créative a reçu l’appui du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts du Manitoba et de la Screen Composers Guild of Canada. Il a étudié la composition et l’interprétation musicales à l’Université du Manitoba, puis a poursuivi des études en composition au Humber College, en plus de compléter le programme de mentorat de la Screen Composers Guild of Canada. En tant qu’interprète, Artur a participé aux tournées de la comédie musicale Broadway Chicago ainsi qu’à celles de Princess Cruises à travers les Amériques, des expériences qui continuent de nourrir son approche polyvalente et collaborative de la création musicale.
Hubert LAMARRE — st-frédéric 46.28 -70.97 (5:25 / 2025)
Réalisée à partir de sons enregistrés l’hiver, dans un boisé en Beauce, st-frédéric 46.28 -70.97 explore, à travers différentes manipulations, l’espace entre l’objet sonore en tant qu’événement avec son temps propre, l’objet isolé et déconstruit en parties, et l’objet analysé, existant hors du temps et pouvant être recréé à volonté.
Hubert Lamarre est un compositeur de musique expérimentale et électroacoustique originaire de la région Chaudière-Appalaches et basé à Tiohtià:ke/Montréal. Il est diplômé en philosophie et en musiques numériques à l’Université de Montréal. Sa pratique, empruntant au field recording, à la conception de systèmes audionumériques et à l’improvisation libre, s’articule autour de questions métaphysiques diverses.
Keon Ju Maverick LEE — Resonance and Depth (8:56 / 2025)
Cette œuvre acousmatique électronique immersive entrelace la percussion en direct avec un champ ambient génératif en constante évolution. La pièce explore la spatialisation timbrale comme processus musical, permettant à la couleur sonore, à la résonance, au rythme, à la hauteur et au mouvement spatial de se déployer comme une seule forme en évolution.
L’œuvre opère à deux échelles interconnectées. À l’échelle macro, une couche générative façonne l’atmosphère globale par la densité, la dérive harmonique, la transformation graduelle et de longs gestes spatiaux. À l’échelle micro, un jeu rythmique émerge de courts transitoires, de frappes chromatiques résonantes, d’attaques aux sonorités de cloche et de fragments percussifs. Ces matériaux forment une palette de percussion avant-gardiste, prolongée par une transposition microtonale stochastique qui produit des inflexions de hauteur instables, un flou spectral et de subtiles déviations harmoniques. Ainsi, les attaques percussives ne sont pas traitées uniquement comme des événements rythmiques, mais comme des matériaux résonants qui scintillent, se décomposent, se recombinent et s’étendent en un champ timbral fluide.
Sur le plan spatial, la pièce est composée au moyen d’une spatialisation 3D orientée objets. Chaque élément sonore est traité comme un objet sonore autonome dont la position, la trajectoire, la distance et les qualités perceptives évoluent au fil du temps. Plutôt que d’attacher l’œuvre à une seule configuration de haut-parleurs, la scène spatiale peut être rendue de nouveau dans différents environnements d’écoute. La version originale a été développée pour un dispositif immersif en dôme de 93.5 haut-parleurs et est présentée ici sous forme de rendu stéréo binaural, préservant les indices de hauteur, de proximité, d’orbite, de diffusion et de profondeur. Pour une présentation multicanale, l’œuvre peut être réimaginée et diffusée dans une nouvelle configuration spatiale tout en conservant son identité sonore fondamentale.
La forme trace un arc allant de la résonance vers la profondeur. Des gestes lumineux et des couleurs métalliques éclatantes se dissolvent progressivement en sons graves, en pression subharmonique et en mouvements spatiaux élargis, entraînant l’auditeur d’une énergie rythmique active vers un champ immersif suspendu.
Keon Ju Maverick Lee, également connu sous le nom de Keon la Nocturne (pronoms: il/lui/iel), est un artiste-chercheur, percussionniste électronique et compositeur électroacoustique et acousmatique coréano-canadien, dont les œuvres immersives mettent au premier plan la diffusion sonore, le mouvement spatial et le timbre. Travaillant avec des dispositifs de haut-parleurs ainsi qu’avec des environnements d’écoute binaurale au casque, il aborde ces formats comme des espaces d’écoute complémentaires et défend des systèmes d’IA créative éthiques, responsables et intégrant l’artiste dans la boucle.
Il est doctorant en recherche-création au Metacreation Lab de l’Université Simon Fraser, où il développe des agents musicaux d’IA co-créatifs et des systèmes de performance interactive pour la batterie et la percussion. Ses performances, installations et projets collaboratifs ont été présentés dans des contextes de résidence artistique et de recherche-création à la SAT de Montréal, ainsi qu’à MusicAcoustica et au festival MUTEK, avec des contributions connexes présentées à Ars Electronica, SIGGRAPH, MUTEK et au AI Music Song Contest, où son travail a figuré parmi les 10 finalistes en 2024.
Il collabore avec des collègues du C4DM à Londres, du CIRMMT à Montréal et de l’IRCAM à Paris, et publie sur l’IA musicale dans des lieux tels que TISMIR, AIMC, ainsi que la piste Creative AI et les ateliers de NeurIPS. Récemment, son travail en musique spatiale a été sélectionné pour le concours de composition acousmatique *petites formes* 2026 et la Musical Timbre Conference 2026, mettant en valeur sa recherche co-créative sur la spatialisation timbrale avec des agents spatiaux.
Leon LOUDER — Landline Heat (7:15 / 2026)
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Lauré LUSSIER — Strange Symphony (38:00 / 2024)
Strange Symphony est le premier des trois actes de The Triptych Symphony, un récit en trois actes dans lequel le Compositeur, dans la hâte et la lâcheté, abandonne ses créations.
Elle est la première à émerger de cet lâcheté; une œuvre abandonnée par son propre compositeur avant même d’atteindre la scène. Œuvre illégitime, «Chanson Bâtarde», elle est accueillie avec un mélange de mépris et de dérision avant même sa première audition publique.
La musique ne commence pas au moment où l’on appuie sur «play». Elle donne plutôt l’impression d’être déjà là, comme un espace dans lequel on entre. Très vite, l’auditeur n’est plus face à une œuvre, mais happé dans un univers.
Cette œuvre s’inscrit dans une démarche que je désigne sous le nom de Systema, dans laquelle des textures autonomes coexistent et interagissent au sein d’un espace musical partagé. Chacune suit sa propre trajectoire à l’intérieur d’une forme préétablie, tandis que leurs interactions façonnent la dynamique interne et l’expérience perceptive de l’œuvre.
Lauré Lussier est un compositeur québécois dont la démarche se situe à la rencontre de l’écriture électroacoustique et de l’écriture orchestrale. Titulaire de deux baccalauréats en musique de l’Université McGill et de l’Université de Montréal, il a façonné un langage où les timbres acoustiques et électroniques fusionnent au sein de vastes formes narratives. Il compose à partir d’idées qu’il incarne ensuite en sons. La transformation de la matière sonore devient alors le moteur du récit. Ses œuvres peuvent être découvertes séparément, mais elles s’inscrivent toutes dans un même univers, où les idées, les récits et la matière sonore se prolongent d’une création à l’autre. Artiste signé chez Adventurous Music (Leipzig, Allemagne), il a publié 11 albums. Ses œuvres sont diffusées sur les ondes et plateformes radiophoniques d’Europe et d’Amérique du Nord et saluées par des publications telles que The Wire, Electronic Sound, Tunite Music et SilenceAndSound.
Nicholas MA — Assembly Line Apparitions (6:30 / 2025)
Assembly Line Apparitions est une œuvre électroacoustique entièrement composée d’enregistrements d’un violoncelle solo. Tout le matériau a été capté lors d’une session avec un violoncelliste, puis monté, traité et arrangé en une piste audio fixe. Le titre fait référence à la fois au groove mécanique qui anime la pièce et à la transformation progressive des enregistrements acoustiques en matériel électronique. À l’instar d’une chaîne de montage, la pièce a été construite par étapes, de l’interprétation au montage en passant par la reconstruction, le fantôme de l’interprète demeurant inscrit dans le produit final.
Sur le plan structurel, la pièce évoque un quart de nuit dans une usine. Elle oscille entre des motifs rythmiques en boucle serrée et des textures plus abstraites. Dans la section centrale, le groove se dissout en sons prolongés, spectraux et métalliques, avant de revenir sous une forme plus dense et plus déformée.
Dans l’ensemble, bien qu’entièrement électronique, chaque son provient du violoncelle. La pièce explore la manière dont un matériau acoustique peut être remodelé par des processus électroniques tout en conservant les traces de sa source.
Nicholas Ma est un pianiste et compositeur dont la musique explore le dialogue entre la vitalité rythmique, la fantaisie ludique et la rigueur contemplative. Il a reçu quatre prix de la Fondation SOCAN pour jeunes compositeurs, le prix du concours de composition pour duo de piano Luba Zuk de l’Université McGill, des commandes de l’Esprit Orchestra et de la Coalition pour l’éducation musicale au Canada, des bourses de recherche du SSHRC et du FRQ, ainsi que des postes de compositeur en résidence auprès des Schulich Singers, du département de musique de chambre et du quatuor de saxophones de l’Université McGill. Nicholas est titulaire d’une licence de l’université McGill, où il a suivi un double cursus en interprétation pianistique et en composition, avec une mineure en théorie musicale. Parmi ses principaux professeurs figurent Marina Mdivani pour le piano, ainsi qu’Eliot Britton, Melissa Hui, Jean Lesage et Chris Paul Harman pour la composition. Il poursuit actuellement un master en composition à McGill grâce à une bourse d’études complète.
Alexandre MARCHAND, Rory COGLEY — Flekete (19:22 / 2026)
«Flekete: fais-lé avec kessé t’as». Une expression inventée par Steiff, un véritable phare de tout un milieu alternatif au Québec et en Europe. Steiff décéda en novembre 2025, laissant une odeur de sueur et de bière dans le cœur de nombreuses personnes, mais surtout une force d’aimer et une sensibilité à la beauté des choses. Il introduit la forge dans la vie de nombreuses personnes autour de moi, dont un ami proche qui en fait aujourd’hui une carrière et une vie créative. Cette pièce est un hommage à Steiff et celles et ceux qu’il habite; c’est une berceuse faite de métal dans laquelle encapsuler le vivant qu’il nous lègue dans son décès.
Alex Marchand est un compositeur et musicien. Issu de Montréal, il pratique la contrebasse depuis 2014 et la basse depuis l’adolescence, de façon autodidacte, dans diverses formations, toujours curieux de réviser sa relation au son et à la musique, auscultant les confins de sa créativité. En 2022 il crée l’ensemble O:DOOZ, un groupe multidisciplinaire mariant danse, arts visuels numériques et musique mixte qui lui ouvre des horizons créatifs, et l’inspire dans le domaine de la musique numérique. En 2024, Alex se joint au groupe Ensemble de Feedback Libre, dans lequel il se voit immergé dans la pratique de musique noise, où il approfondit son désir de créer et d’apprendre dans le domaine des arts sonores contemporains. En 2025 il entreprend son baccalauréat en électroacoustique à Concordia, dédiant de plus en plus de sa pratique à la musique expérimentale et électroacoustique.
Rory Cogley est un jeune artiste sonore ambitieux, passionné par la collaboration et dont l'intérêt pour toutes les formes d'expression sonore ne cesse de s'étendre. Sa pratique actuelle explore sa passion pour les métallophones (cymbales, cloches, outils et équipements divers) ainsi que son intérêt pour l'échantillonnage et la manipulation de la poésie orale.
Hugo MENCHI — Ourobors (12:50 / 2026)
Cette œuvre propose une plongée au cœur d’un territoire intérieur où les frontières entre conscience, mémoire et imaginaire deviennent poreuses.
Les premiers souffles, semblables à des inspirations et expirations, agissent comme un passage entre le monde tangible et les espaces cachés de l’esprit. Peu à peu, l’auditeur est entraîné vers des profondeurs où le temps semble se dilater et où les repères familiers se transforment.
Les formes toniques qui traversent la pièce évoquent les étapes d’un voyage initiatique. Elles accompagnent la rencontre avec des zones enfouies de notre être, là où émergent des souvenirs fragmentés, des sensations anciennes et des traces persistantes qui participent à la construction de notre identité.
Au fil du parcours, des remontées à la surface offrent de brefs instants de clarté, comme une bouffée d’air avant une nouvelle immersion. Mais les profondeurs rappellent inlassablement le voyageur, l’invitant à poursuivre son exploration vers des espaces toujours plus intimes et insaisissables.
Comme le serpent qui se mord la queue, symbole de l’Ouroboros, la fin rejoint le commencement. Les souvenirs, les perceptions du présent et les révélations surgies du subconscient se mêlent alors dans un même mouvement circulaire. Ce qui a été vécu demeure, transformé.
Jusqu’où êtes-vous prêt à vous aventurer dans les confins de votre propre pensée?
Les résonances humaines et sonores qu’il porte, et qui lui sont chères, se font ressentir lors de chaque prestation, en souvenir de ces instants truculents.
Des sons aux couleurs percussives, des rythmes à la fois énergiques et chargés de sensibilité: c’est ce que propose l’univers de Hugo.
Fort d’une formation en électroacoustique et d’un intérêt marqué pour les enregistrements sur le terrain, ce dernier combine le tout dans un voyage original.
Sa curiosité et son goût pour la découverte de nouvelles ambiances lui ont permis d’étendre son expérience sur de nombreuses scènes en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord.
Il a aussi cofondé et mis en place la plateforme Insideout en mars 2020. Durant la pandémie, il était primordial pour lui de poursuivre ses recherches dans cette idée d’échange et d’ateliers, où des artistes de partout sur la planète pourraient, comme lui, rester connectés et partager cette passion qu’est la création musicale.
Dans cette continuité, il a cofondé le label SOAME Records avec Oxyde B, dans le but de livrer des voyages sonores et un lâcher-prise, tout en éveillant nos sens de l’écoute.
Voyageant entre performance en direct, composition immersive et spatialisée, Hugo Menchi aborde la musique comme un vaste laboratoire de recherche et d’évasion.
Il approfondit actuellement sa pratique au Conservatoire de musique et d’art dramatique de Montréal, dans la section électroacoustique, auprès de Martin Bédard et Louis Dufort.
Mikaël MOLLIEX — Premiers mots (8:29 / 2026)
Premiers mots explore le parcours d’un personnage en quête de sens.
Dans un mouvement d’introspection, il devient le témoin des pensées, sensations et souvenirs qui le traversent.
Ce voyage à travers la mémoire le ramène aux fondements de sa personnalité, jusqu’à ses premières années, là où les premiers mots ont surgi.
L’adulte y redécouvre l’innocence de l’enfant qui, pour la première fois, explore le langage.
Premiers mots est une œuvre à la fois introspective et symbolique: un rituel intime, celui de l’adulte qui devient père.
Basé à Montréal, Mikaël explore le son comme une matière vivante et expressive. Il propose des expériences sonores qui invitent à ralentir et à être pleinement présent.
À la croisée de l’électroacoustique, de la pop, du design sonore et de la narration radiophonique, chaque projet offre un voyage singulier où le son compose le paysage.
Les thématiques abordées émergent d’une observation de la nature, des relations humaines et d’un ressenti de ce qui demeure invisible à l’œil. Quant à la matière sonore, qu’elle soit captée ou imaginée, elle est façonnée, écrite et assemblée pour faire émerger des récits qui résonnent au-delà des mots.
Marco NERI — Persona (Video — 11:30 / 2025)
Persona est une performance expérimentale qui envisage le chant comme un moyen de comprendre qui nous sommes dans le monde, en mettant l’accent sur le corps humain comme source directe de son et d’identité. Au lieu d’incarner un personnage, l’interprète doit faire face aux sensations brutes de son propre corps, en gérant l’intensité physique en temps réel. La partition est constituée d’une série d’instructions physiques presque impossibles qui font que la pièce porte moins sur la «perfection» que sur la lutte honnête pour continuer, révélant une voix unique plutôt qu’une simple technique travaillée.
Pour y parvenir, j’ai créé un environnement numérique où même les plus infimes mouvements faciaux sont amplifiés. Un système de suivi personnalisé utilisant un système JavaScript Node et des WebSockets observe le visage de l’interprète pour détecter des expressions comme la tristesse ou le bonheur. Ces expressions déclenchent et transforment ensuite l’audio en direct dans Max MSP, tandis qu’Unity génère un masque numérique qui réagit et change à l’écran en synchronisation avec les mouvements de l’interprète.
Marco Neri ne croit plus à la réalité; il croit aux arts. Sa pensée magique / spirituelle l’a amené à créer toutes sortes de paysages sonores oniriques. Sa musique mélange continuellement d’éléments électro-acoustiques et cherche á motiver le public à profiter de l’extase du son. Sa musique a été présentée au Mexique, au Canada, aux États-Unis, en Belgique, à Cuba, en Espagne et en France. Il a collaboré depuis plus de dix ans avec plusieurs compagnies de danse contemporaine, notamment Ideatracciones Danza. En 2013, il a cofondé l’orchestre de jeunes Onepanko à Mexico, en tant que compositeur et producteur. En 2015, il a lancé le label de musique ARStudio pour donner vie à plus de 50 enregistrements de musique de concert par de jeunes musiciens. Il explore actuellement la musique du film, ayant collaboré avec des réalisateurs français, canadiens et mexicains. Finalement, en avril 2022, il a obtenu le diploma de la maîtrise en composition à l’Université de Victoria.
Heather NICOL — September Song (22:08 / 2021)
Heather Nicol est une artiste basée à Toronto dont la pratique comprend des installations sonores immersives, la sculpture, la performance et des actions participatives. Tout au long de sa pratique interdisciplinaire, elle a travaillé avec des acteurs, des musiciens, des chorégraphes, des éducateurs et des fabricants. Ses interventions in situ explorent les conditions architecturales, sonores, historiques et opérationnelles de ses lieux d’intervention. Celles-ci comprennent une installation sonore et environnementale interactive extérieure créée pour le Bentway, à Toronto, d’immenses atriums de hall tels que Brookfield Place, à Toronto (Santiago Calatrava, Arts Brookfield Canada), ainsi que le Winter Garden de New York (Cesar Pelli, Arts Brookfield USA). D’autres interventions in situ incluent un ancien terminus ferroviaire (ZK/U, Berlin, et un autre, Eastern Terminal, Buffalo, État de New York), un parc à thème désaffecté (Ontario Place, IN/FUTURE, Art Spin, Toronto), le Château de Courances (Milly, France), le carrefour de transport du centre-ville de Toronto, Union Station (Nuit Blanche), une installation de casiers d’entreposage (Art Spin, Toronto), et un théâtre (Harbourfront Center, Toronto). Elle a créé des possibilités d’exposition axées sur les lieux pour sa communauté en tant que commissaire / productrice indépendante. Elle a mobilisé des milliers de spectateurs lors de deux programmes torontois: makingROOM, en 2006, dans un atelier de confection désaffecté de 30 000 pieds carrés, et Art School (dismissed), en 2010, dans une école publique désaffectée. Les deux programmes d’exposition comprenaient des dizaines d’artistes travaillant dans un large éventail de disciplines. Elle a également assuré le commissariat d’expositions pour des galeries, notamment YYZ (Toronto), The John Paul Slusser (Michigan), Robert McLaughlin (Oshawa) et Critical Distance (Toronto). Elle a collaboré avec des enfants, des personnes âgées, des jeunes migrants et des passants dans divers forums interactifs. À Toronto, une «flash mob» de soixante-dix interprètes a été créée en collaboration avec la chorégraphe Andrea Nann; des événements de performance participative de création sonore ont été présentés à New York, Ottawa et Berlin. Elle a interprété le rôle de «la Balayeuse» dans son installation immersive “September Song”.
Timo PEHKONEN — Bry (5:42 / 2026)
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Renée QIN — Call From Afar (Vidéo — 3:05 / 2026)
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Omar REYNA — Non-predictable (47:00 / 2023)
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Omar Reyna est un artiste interdisciplinaire mexicano-canadien dont le travail explore le croisement entre la recherche et la création. Il conçoit son art comme la création de mondes au-delà du visible, reliant le réel à l’imaginaire par la manipulation de matériaux physiques et/ou sonores. Né à Mexico et résidant actuellement au Yukon, au Canada, Omar a étudié la communication visuelle, la photographie, la sculpture, l’art sonore, la peinture et la philosophie de l’image. Son œuvre a été exposée dans plusieurs pays, dont le Canada, l’Argentine, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il a notamment été finaliste (2023) et présélectionné (2025) pour le Prix des arts visuels du Yukon.
AC RIZNAR — filandre (Vidéo — 7:00 / 2025)
n.f.
1. 1.
Fibre longue et coriace (des viandes, légumes).
2. 2.
Fil d’araignée qui vole dans l’air (fil de la Vierge).
qui ne veut pas quitter la matière
qui se fond dans l’altérité
qui se cache en soi,
coriace et agile
fragile et volatile
AC Riznar est un·e musicien·ne, compositeur·ice et artiste visuel basé à Montréal, ainsi qu’auteur·e-compositeur·e-interprète. Intéressé·e par les textures, la superposition onirique d’images et de récits, impliquant des prises de vues/sons mises en boucles, iel est attiré·e par le sentiment que quelque chose cloche, tout en embrassant un processus créatif intuitif proche de l’écriture automatique. Leur pratique est aussi bien ancrée dans les processus de temps réel incluant la performance, le mouvement et la projection que la composition pour supports fixes. Iel étudie présentement en composition et création sonore au département de musiques numériques de l’Université de Montréal.
Eliot ROBY — Fire Loon (9:46 / 2026)
Cet hiver, j’ai composé une œuvre sonore à huit canaux dans le cadre du cours de composition sonore de Barry Truax. Pendant l’hiver, Montréal est rempli du son des pneus sur neige fondue, j’ai donc choisi de revisiter des enregistrements de mon été. Choisant un couple de huards que j’ai enregistré lorsque près du feu, Fire Loon explore ce matériau tout en préservant sa reconnaissabilité, en enrichissant les qualités sonores existantes et en y ajoutant quelques idées nouvelles. Imaginez-vous près du feu, au bord de l’eau.
Elyot Roby est un musicien, producteur et artiste canadien qui travaille avec le son à Tiohtià:ke, au Canada. Issu d’un milieu éclectique mêlant new wave, acousmatique, ambient et folk atlantique, Roby combine ces traditions musicales avec les techniques électroacoustiques, cherchant à créer des ponts entre les genres sonores.
Alexandre SASSET-BLOUIN — Permutations (Vidéo — 9:59 / 2025)
Permutations est une œuvre pour quintette de consoles sans-entrée (No-Input Mixing Boards), explorant une esthétique de feedback, de noise et d’instabilité contrôlée. Basée sur des trajectoires énergétiques répétées et continuellement transformées, la pièce repose sur l’échange progressif des mouvements entre les interprètes, générant de nouvelles permutations à chaque section. Bien que structurée par une partition graphique et des séquences écrites, l’œuvre conserve le caractère imprévisible propre aux systèmes électroniques chaotiques, faisant de chaque interprétation une variation unique.
Alexandre Sasset-Blouin est compositeur et artiste sonore de Tiohtià:ke (Montréal). Ses œuvres et installations s’intéressent aux sons acoustiques et synthétiques transformés par la transduction, l’amplification et la rétroaction. Il utilise des synthétiseurs modulaires, ainsi que des dispositifs artisanaux qui combinent technologies analogiques et numériques et matériaux recyclés, afin d’explorer les transitions entre les domaines physique, électronique et numérique. En tant que compositeur et interprète, il façonne des sonorités abrasives, bruitistes et distordues pour leur donner des formes composées et structurées, souvent créées dans le cadre de performances collaboratives. Actuellement étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal sous la direction de Nicolas Bernier, ses recherches portent sur de nouvelles approches de la notation en musique électronique et mixte. Ses travaux sont soutenus par une bourse du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Michele SELVAGGI — and their carcasses scattered over the sod (ii) (8:00 / 2025)
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Ashley SEWARD — Mind Poop Supercut (6:30 / 2025)
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Edith SKEARD — Topia (23:58 / 2024)
Samuel SOARES — Quantity into Quality (6:40 / 2026)
Quantity into Quality est une composition électroacoustique qui intègre l’expressionnisme abstrait en arts visuels et la dialectique hégélienne en philosophie, plus précisément la loi de transformation de la quantité en qualité.
Cette composition est une interprétation sonore du tableau «Mauve Glissandi» (1975) de Jack Bush, exposé au Musée des beaux-arts de Montréal. J’ai pu recréer, par synthèse additive, l’œuvre, qui est visible dans la vidéo du spectrogramme.
Les sons ont été créés et composés pour établir une relation visuelle, sémantique et paramétrique avec la peinture de Bush (chacun formant une section distincte de la pièce).
Concepts utilisés pour la composition: théorie de la Gestalt, tension et relâchement, thèmes et variations, synthèse additive, arrière-plan et premier plan, division du son.
Sources sonores: synthétiseurs modulaires, piano et voix.
Quelques notes sur les thèmes principaux de chaque section:
- Le thème principal de la section 1 a été créé en jouant impulsivement des notes au piano qui évoquaient les couleurs du tableau.
- Le thème principal de la section 2 est un enregistrement de ma voix nommant les couleurs dans l’ordre de leur apparition sur le tableau.
- Le thème principal de la section 3 a été créé par synthèse additive. 32 oscillateurs sont présents dans chacune des 10 bandes de couleur, soit 320 oscillateurs au total. J’ai converti le tableau en spectrogramme pour calculer leurs fréquences. J’ai ensuite configuré les oscillateurs avec ces fréquences.
- Synthèse des 3 sections précédentes, intégrant des sons de tous les thèmes.
- Conclusion. Les 3 thèmes principaux ont été joués entre 3 et 7 fois chacun, traités différemment, mais leur qualité originale (mouvement, rythme, etc.) reste perceptible.
Findlay SONTAG — Carillon (4:30 / 2026)
Carillon est une composition de soundscape immersive et acousmatique, créée à partir d’enregistrements de terrain réalisés dans des forêts reculées du nord de la Colombie-Britannique et des cloches de l’église Saint-Nom-de-Jésus, située dans le quartier Hochelaga à Montréal. L’œuvre oscille entre des états de calme méditatif et de mouvement dramatique, invitant l’auditeur à considérer des notions contrastées de divinité à travers les institutions humaines et le lien expérientiel avec le monde naturel.
Findlay Sontag est un producteur de musique, artiste sonore et compositeur expérimental de Calgary qui vit maintenant à Montréal. Sa musique électroacoustique s’appuie sur de nombreux thèmes, de techniques et d’influences musicales, explorant souvent le mélange de sources acoustiques et électroniques, le réalisme et le surréalisme, la philosophie et la spiritualité. Avant de s’inscrire au programme d’études électroacoustiques de l’Université Concordia (Montréal), il a passé plusieurs années transitoires à effectuer des travaux forestiers saisonniers dans la nature sauvage canadienne isolée et à voyager à l’étranger. La diversité de ces expériences a éclairé l’ambition principale de sa pratique artistique, qui vise à susciter une réponse émotionnelle chez l’auditeur à un niveau universel et humain qui transcende la langue et les prédispositions culturelles.
Simon ST-JULES-AILLAUD — Atelier (6:37 / 2025)
Nom masculin: Espace de travail. Groupe de travail.
Atelier est une pièce acousmatique documentant mes premiers essais aux techniques de composition électroacoustique. La pièce s’est construite au fil des différentes manipulations de montage et d’orchestration d’objets provenant d’enregistrements bruts, mais aussi transformés. Oscillant entre le faire et l’entendre, c’est dans une station de travail audionumérique qui faisait office d’espace de travail physique métaphorique que j’opérais. Le cours universitaire dans lequel cette pièce est née faisait office de groupe de travail auquel le titre fait également référence.
Ayant grandi à Saint-Hyacinthe, il a obtenu un diplôme d’études collégiales en technologies sonores au Cégep de Drummondville en 2018. Il a ensuite travaillé dans l’industrie de développement de jeu vidéo et étudie présentement les musiques numériques à l’Université de Montréal.
Aurélie THÉROUX SÉNÉCAL — Voix héréditaires (5:54 / 2025)
Voix héréditaires est une œuvre où j’ai trouvé la force de me dépasser, mais surtout celle de m’asseoir face à moi-même pour raconter — à ma manière — une histoire que je ne comprends plus entièrement: la mienne.
Cette pièce s’inscrit dans une réflexion sur le transfuge de classe, explorant la tension entre l’origine et l’ailleurs, la déchirure silencieuse — ou hurlante — de celles et ceux qui naviguent entre des mondes qui ne parlent pas la même langue. Entre arrachement et reconstruction, l’électroacoustique devient un lieu de passage, un terrain où les identités s’entrechoquent, se contredisent et se recomposent.
Une histoire qui ne m’appartient plus vraiment.
Un tissage de l’intime et de l’héritage, crié par cette voix qui me précède.
Grand Fille est le projet électroacoustique d’Aurélie Théroux Sénécal, une artiste sonore qui défie les frontières du sonore et du politique. À travers des systèmes de no input, des bruits industriels et des voix manipulées, elle crée une musique intense et abrasive, loin de toute fragilité. Son travail explore les dynamiques de pouvoir et de résistance, et cherche à perturber l’auditeur par des textures provocantes et des compositions qui revendiquent une forte dimension politique. Sur scène, Grand Fille incarne une performance brute et engageante, où l’électronique se transforme en un outil de révolte et de réflexion sur les enjeux sociaux contemporains. La musique de Grand Fille est un appel à la réappropriation sonore et à l’affirmation d’une voix dissidente.
Matthew Carl TODD — Velvet and Granite, A Photomicrographic Soundscape (8:53 / 2026)
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Yilin WANG — Echo of Gamelan (11:47 / 2023)
Echo of Gamelan est une œuvre électroacoustique spatiale créée à partir d’improvisations de gamelan, d’enregistrements de terrain et de traitements ambisoniques dans Max/MSP. La pièce explore la relation entre une source instrumentale localisée et un environnement acoustique artificiel élargi, où le son original du gamelan et ses reflets spatiaux traités coexistent, se séparent et se fondent dans le champ d’écoute.
L’œuvre a été développée à l’aide d’un patch ambisonique personnalisé conçu pour le traitement en temps réel, la spatialisation, l’encodage et le décodage. Des improvisations de gamelan ont été enregistrées, spatialisées puis réenregistrées dans un environnement de haut-parleurs surround, tandis que des enregistrements d’eau et d’oiseaux ajoutent une couche environnementale.
Plutôt que de suivre un processus fondé sur une partition traditionnelle, la pièce organise des matériaux sonores enregistrés et transformés en une forme spatiale mouvante, entre environnement acoustique réel et espace sonore imaginaire.
Yilin Wang est une pianiste, compositrice et artiste multimédia dont la pratique créative s’appuie sur plus d’une décennie d’expérience professionnelle dans la production sonore. Avant de se consacrer à la composition, elle a occupé le poste d’ingénieure du son senior à la chaîne de radio et de télévision du Hunan, en Chine, où elle a acquis une vaste expérience dans l’enregistrement, la conception sonore, la diffusion musicale en direct et la production audio immersive.
Son travail couvre la composition contemporaine, la musique électroacoustique, l’audio spatial et la pratique audiovisuelle, combinant souvent des instruments acoustiques, des sons traités, des supports fixes, de l’électronique en direct et des systèmes visuels génératifs. Ses œuvres ont été présentées dans le cadre de l’Arraymusic Composer Workshop, du LunART Festival Composers Hub, du Tuckamore Festival, du CompoCon avec Standing Wave, du programme «City to City PLAY!» de l’UNESCO et de l’American Wild Ensemble. Wang est titulaire d’un master en technologies musicales de l’université de York et d’un master en composition avec une spécialisation en cognition musicale de l’université Western. Elle prépare actuellement un doctorat en composition à l’université du Missouri à Kansas City.
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